Thème 2022 | Connecté – Interconnecté : le monde numérique en question
Thème Connecté – Interconnecté – Le monde numérique en question
Dans le cadre de ce projet de recherche et création, j’explore les connexions et interconnexions qui structurent le territoire à travers une stratification de réseaux, à la fois matériels et symboliques. En amont du travail en atelier, j’ai effectué un survol en hélicoptère de Baie-Saint-Paul afin d’acquérir une compréhension sensible et globale des réseaux qui relient les citoyens entre eux. Cette observation m’a amenée à envisager le risque d’une expansion géographique accrue de la ville, favorisée par l’accessibilité généralisée des réseaux numériques. Dans ma démarche, j’ai cherché à rendre perceptible les réseaux en inscrivant dans la matière même de l’œuvre les transformations survenues au cours des décennies.
Dans le cadre de ce projet de recherche et création, j’ai exploré les connexions et interconnexions qui structurent le territoire de la ville de Baie-Saint-Paul à travers une stratification de réseaux, à la fois matériels et symboliques. Mon travail a visé à rendre perceptible les réseaux en inscrivant dans la matière même de l’œuvre les transformations survenues au cours des décennies.
D’abord, j’ai abordé la voie des eaux comme une trame fondatrice. Les rivières, que j’ai fais émerger par soustraction de bois, creusent la surface et révèlent des sillons organiques. Elles témoignent d’un rapport ancien au territoire, où les logiques d’implantation et de déplacement s’inscrivent dans les dynamiques naturelles du paysage.
À cette première couche se superposent les voies terrestres — routes, rues, chemins, boulevards et voies ferrées — également obtenues par retrait de matière. Par ces tracés plus géométriques, j’évoque le geste humain d’organisation et de maîtrise de l’espace, marquant le passage d’un territoire vécu à un territoire planifié et structuré.
J’introduis ensuite l’avènement de l’électricité et le développement des technologies de communication. Le télégraphe et le téléphone sont suggérés par des clous et des fils électriques, qui viennent ponctuer et relier la surface. Ces éléments matérialisent un réseau invisible, mais désormais essentiel, où l’information circule et transforme les rapports de distance.
Enfin, je m’intéresse à l’émergence du monde numérique contemporain. Des rayons invisibles de transmission sont évoqués par des traits de peinture fluorescente qui convergent et se diffusent à partir d’un point nodal — l’église — pour se redistribuer vers les maisons (petits carrés), les individus (points blancs) et les services (carrés blancs).
L’œuvre s’appréhende en deux temps : à la lumière du jour, les réseaux matériels se dévoilent dans leur ancrage tangible ; dans l’obscurité, sous l’effet de la lumière fluorescente, émerge alors le réseau numérique, révélant une seconde cartographie, immatérielle et vibrante.
Par ce dispositif, je cherche à rendre sensible un territoire traversé par des flux immatériels, où les interconnexions se multiplient et redéfinissent en continu les relations entre les lieux et les êtres.
Crédits photos : Anne Chantal Lagacé
Description
Médium : bois (MDF), peinture acrylique, peinture fluorescente, clous, fils électriques, corde (ficelle), crayon encre, crayon graphite, crayon de couleurs.
Dimension : largeur : 11,10 pieds X 10 pieds (3,60 m x 3,05 cm)
© Anne Chantal Lagacé – Tous droits réservés.