J’ai une passion pour la marche, cette fabuleuse expérience qui permet d’aller à la rencontre des choses qui m’entourent et me permettent de faire d’étonnantes découvertes. Je marche en quête de vouloir comprendre qui je suis à travers ce magma matériel. Dans la ville, se sont les humains qui fabriquent et mettent en place les choses qui constituent nos villes. Marcher régulièrement, longtemps et partout me ramène au degré zéro de mon être, me fait remonter le temps et ramène à la mémoire des récits oubliés.
Dans ce projet abordant un point de la sociologie des villes, je m’intéresse aux petits objets gisant au sol sur les rues et les trottoirs, des petites choses échappées, perdues ou emportées par le vent, non en tant que déchets, mais plutôt en tant qu’élément témoignant des activités de nos vies quotidiennes urbaines.
L’expérience a commencé il y a quelques années par le fruit du hasard, au moment où je déambulais sur les rues à photographier certains éléments architecturaux et urbains pour un autre projet. Une fois, deux fois, trois fois et la cueillette des petites choses est devenue une habitude, puis l’habitude s’est transformée en nécessité et la nécessité en une enquête.
La démarche de ce projet s’apparente à celui du paléontologue, de l’archiviste, du collectionneur et de l’historien, c’est-à-dire que je scrute, j’explore, je glane, je rassemble et je collectionne des centaines d’informations dont principalement les petits objets gisant au sol. Ces éléments matériels constituent des marqueurs temporels, historiques, sociaux et économiques. La question à laquelle je tente de répondre est la suivante : les objets, qu’ils soient petits ou grands sont-ils des autres nous-mêmes, les prolongements silencieux de nos existences ?
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Crédit vidéo: Guy Tremblay, photographe
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