Hameau explore l’organisation matérielle du territoire rural à travers la mise en scène d’un village miniature installé au cœur d’un bois. Cinquante maisons miniatures en bois — cubes et rectangles de 2,5 cm × 2,5 cm — sont déposées sur et à travers les végétaux : fougères, lichens, branchages, feuilles mortes. Posées sans ancrage, elles forment un hameau fragile, temporairement inscrit dans un écosystème vivant.
Le projet agit comme un laboratoire spatial. Par le déplacement, l’alignement ou la dispersion des unités, il interroge les logiques d’implantation du bâti : densité, étalement, découpage des terres, croisée des chemins. La confrontation entre la géométrie élémentaire des formes construites et la complexité organique du sous-bois révèle la tension persistante entre culture et nature, projection humaine et autonomie du paysage.
L’échelle réduite devient un outil critique. La vue en plongée offre une perspective quasi cartographique permettant d’observer les structures d’organisation et d’en mesurer symboliquement l’impact. À l’inverse, les prises de vue au ras du sol plongent le regard à l’échelle du village, créant une expérience immersive où la proximité des maisons évoque densité et emprise.
L’installation, volontairement éphémère, est ensuite investie par un travail photographique et vidéographique. Par le cadrage et les variations d’échelle, le village oscille entre maquette, fiction et territoire réel. Hameau propose ainsi une réflexion poétique sur les modes d’habiter et sur l’empreinte environnementale des activités humaines.
© Anne Chantal Lagacé – Tous droits réservés.