Temps suspendu
En 1990, j’ai effectué une résidence artistique de six semaines à Vert-Saint-Denis, près de Melun, en périphérie de Paris, avec le soutien de l’Office franco- québécois pour la jeunesse (OFQJ). J’y ai intégré l’espace collectif Les Ateliers Arts Verts, où un vaste atelier a été mis à ma disposition.
Dans ce contexte, j’ai poursuivi la recherche sur la temporalité sur laquelle je travaillais depuis l’obtention de mon baccalauréat. L’ampleur de l’espace m’a permis de travailler sur de grands formats, notamment deux plaques de plexiglas de 6 x 10 pieds, suspendues par des chaînes au centre de l’espace. Sur ces surfaces translucides, j’ai appliqué des aplats de peinture alkyde, dans des tonalités de bleu et de blanc, directement inspirées des formations nuageuses.
La disposition en vis-à-vis des plaques générait un effet de superposition, activant une lecture stratifiée de la peinture. Cette mise en relation produisait une analogie sensible avec le ciel, où les masses nuageuses se déplacent, se croisent et se transforment.
J’ai intitulé cette œuvre Temps suspendu. Plus tard, elle a été accrochée, suspendues pour une période de trois ans dans le hall d’entrée du centre culturel de Melun.
Je suis profondément reconnaissante envers les membres du regroupement Les Arts Verts de m’avoir offert l’opportunité de réaliser cette résidence et, surtout, d’avoir porté mon travail jusqu’à sa présentation publique dans un cadre architectural propice à sa mise en valeur auprès d’un large public.
© Anne Chantal Lagacé – Tous droits réservés.